En 2025, Stéphane Battle, le metteur en scène de ce spectacle, me confie le rôle de Martine, suite à une blessure de Murielle Darras lui empêchant d’assurer quelques dates de tournée. L’année suivante, à la demande de Murielle, le rôle m’est attribué pour la suite.. Ce spectacle prend donc sa place ici…
La cuisine est le lieu de l’être, où l’on se dit tout, en face. Le salon, celui du paraître. La cuisine, ce sont les coulisses, le lieu où la vérité se dit, toute crue ; le salon, la scène de théâtre, où l’on se la joue, les uns les autres.
En quelques mots Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri révèlent le fond de leur célèbre pièce. Le titre suffit déjà à éclairer la situation : « Cuisine » – le décor est posé – et « dépendances ». Mais dequelles « dépendances » parle-t-on ? Des dépendances affectives en l’occurrence…
Des dépendances au regard des autres, des dépendances à l’amour des autres, des dépendances à l’argent des autres… Dépendre : étymologiquement « être suspendu à » …
Les spectateurs seront eux-aussi suspendus aux répliques cinglantes des protagonistes. Rien ne doit entraver leurs trajectoires. Et encore moins le décor. Il suffit de l’esquisser. Un îlot central, une table, quelques «vraies» chaises, le tout entouré de murs de toiles sur lesquels est imprimé, en noir et blanc, le reste de cette
fameuse cuisine. Quelques vrais meubles des années 70 encastrés donc dans une sorte d’évocation, au feutre noir, de ce lieu de vie. Comme un croquis d’architecte d’intérieur pour mieux croquer ces êtres,
de l’intérieur.